Pôle 1
Itinéraires : migrations, itinéraires et représentations

Cette notion d’itinéraire sera d’une part abordée sous l’angle de l’exploration maritime qui a précédé la mise en place de politiques coloniales, lesquelles ont à leur tour déclenché des mouvements humains et des transferts culturels. L’objectif sera d’explorer les représentations des contacts entre voyageurs européens et peuples rencontrés pour la première fois et, dans ce contexte, de mener une réflexion sur la représentation de ces rencontres et de ses effets sur les politiques de colonisation. L’élaboration d’un cadre théorique sera fondée sur des travaux consacrés à l’intersubjectivité et au post-colonialisme et des concepts tels que le positionnement stratégique (Edward Said), l’empathie (Husserl) et les relations dites « éthiques » qui en résultent. D’autre part, une attention particulière sera portée aux « mises en scène » et « mises en spectacle » des itinéraires et des contacts entre différents groupes sociaux et nationaux. Seront étudiés les constructions et glissements identitaires qu’ils engendrent ainsi que les bases idéologiques qui les sous-tendent. Dans ce cadre, les phénomènes mémoriels et leurs vecteurs, en particulier, les musées (nationaux ou locaux) et les expositions (coloniales, impériales, internationales…), constitueront des terrains et objets de recherche privilégiés. Les travaux consacrés aux « zoos humains » et à la formation d’identités dites « trans-nationales », qui ont théorisé ces questions, serviront de cadre de référence. (Laurence GOURIEVIDIS & Sandhya PATEL) Enfin, partant de la notion de “biopolitique” telle que l’a élaborée Michel Foucault dans le dernier chapitre de L’Histoire de la Sexualité - et dans la continuation des travaux antérieurs de l’ex pole 3 sur les empires - un autre pan de la recherche “itinéraire” explorera, sur une période longue (fin 18ème, 19ème et 20ème siècles) la gestion des populations. Cette étude portera à la fois sur la métropole (amélioration de la qualité de la population, tant au niveau ‘physique’ que ‘moral’) et dans le cadre de l’Empire (redistribution, à l’échelle mondiale des populations en fonction de leur “race”, de leur sexe, de leur culture, de leur qualification – ou non – et de la densité de l’espace receveur). Cette redistribution sera étudiée à la fois dans le cadre de la mise au travail généralisée ainsi que de l’occupation des sols conquis et de leur rendement, mais aussi dans le cadre de la construction de réseaux et d’une nouvelle culture “globale”. La première étape sera d’étudier la mise au travail et les conditions créées pour que celle-ci soit la plus rentable possible. En effet, ces « bio politiques » naissent au début de l’essor du capitalisme. Est-ce que toutes les « bio politiques » ont pour but la mise au travail ? Si non, quel est leur objectif ? Résultent-elles de demandes des revendications des contre-pouvoirs (syndicats, groupes de femmes, associations, etc.) et quels sont les arguments utilisés ? (Martine SPENSKY)