Pôle 3
Itinéraires : Créativité et diversité

L’un des effets des migrations est l’installation de populations qui consomment des produits spécifiques et on voit depuis quelques années l’essor de ethnic markets et du « Asian business » , reflet de l’importance de la population originaire du sous-continent indien. Il s’agit d’un phénomène qui attire l’attention des chercheurs depuis une quarantaine d’années et plusieurs études ont mis l’accent sur les caractéristiques de ces entrepreneurs. Les points les plus étudiés sont le rôle de l’éducation et l’influence d’une culture spécifique favorisant une démarche entrepreneuriale. Ces entrepreneurs intéressent les chercheurs en raison de leur succès économiques et des conditions de leur arrivée au Royaume-Uni. Globalement, les études mettent l’accent sur le rôle des réseaux familiaux et communautaires dans la création de l’entreprise ainsi que dans la définition de la clientèle et comme réponse aux discriminations sur le marché de l’emploi. Depuis les années 80 et surtout 90, une structuration « ethnique » de ces entreprises peut être observée sous des formes juridiques diverses créant ainsi des réseaux visibles. Le concept fourre-tout de « Asian » est régulièrement utilisé, gommant ainsi les différences de rattachement national et s’insérant logiquement dans une typologie britannique. La recherche envisagée doit permettre de mettre en évidence des évolutions de ce modèle. Des indices semblent montrer que l’intégration communautaire verticale des débuts (entreprise communautaire pour un marché communautaire) laisse de plus en plus la place à une vision fondée sur le développement de relations d’affaires avec le sous-continent indien, quelle que soit la « couleur » de l’entreprise. Les travaux devront confirmer ou infirmer cette tendance par l’étude des réseaux d’entreprises et de leur importance (appartenance, typologie des entreprises membres) et leur impact médiatique. (Marc FOURCHES)