Empires et Biopolitiques
20-21-22 octobre 2011

Empires et Biopolitiques

20-21-22 octobre 2011 - COLLOQUE EHIC, Université Blaise Pascal

Lieux du colloque :

Maison Internationale Universitaire

9 rue Kessler

Clermont-Ferrand (20 et 21 octobre)

MSH de Clermont-Ferrand

4 rue Ledru

Clermont-Ferrand (22 octobre)

Empires et biopolitiques

Selon Michel Foucault (1976), ce qui a longtemps caractérisé le pouvoir du Souverain, c’est le droit absolu, pour celui-ci, de vie et de mort sur ses sujets. C’est d’ailleurs plutôt un droit de mort, probablement hérité du droit romain de patria potesta, c’est à dire le droit pour le père disposer de la vie de ses enfants et de ses esclaves : tuer ou laisser vivre. Si le Souverain tuait rarement ses sujets directement, sauf s’ils se rebellaient contre lui, il pouvait exiger de ses sujets mâles qu’ils partent en guerre pour le défendre. Or, la nouvelle fonction du pouvoir souverain, de nos jours, serait plutôt celle de ‘gestionnaire de la vie’. Ce pouvoir sur la vie, ou biopouvoir se serait développé lentement, à partir du XVIIème siècle, en deux formes de base qui ne sont pas contradictoires et qui s’entrecroisent : celle des pratiques disciplinaires qui représentent le corps comme une machine et visent à le rendre plus fort, plus productif ; et celle qui n’apparaît que vers le milieu du XVIIIème siècle et dont l’objet est le « corps espèce », support de processus biologiques : prolifération, naissances, mortalité, niveaux de santé, espérance de vie, etc. Discipliner le corps et réguler la population sont les deux pôles autour desquels le biopouvoir se serait organisé. Ce biopouvoir est, selon Foucault, un élément indispensable au développement du capitalisme car il rend possible « l’insertion contrôlée des corps dans la machine productive ». Il est également, comme le remarque Jana Sawicki, dans Disciplining Foucault (1991), indispensable à la continuation du système de domination masculine car « il fournit les outils nécessaires à l’insertion du corps des femmes dans la machine reproductive » (Sawicki). Les techniques de pouvoir opèrent comme facteurs de ségrégation et de hiérarchisation sociale : de genre, de classe et de « race ».

A partir de ce cadre théorique, - qu’il soit utilisé comme tel ou contesté - nous explorerons, sur une longue période (de l’esclavage du 18e siècle aux mouvements migratoires actuels), le rôle des empires dans la mise en place et la transformation de ces biopolitiques, à la fois en métropole et dans les différents espaces colonisés – avec leurs variations régionales - tant par l’Etat que par des organismes paraétatiques et privés et/ou religieux.

Ce Colloque aura lieu à la Maison Internationale - Pour plus d’informations : Martine Spensky, Professeure émérite de Civilisation britannique (19e et 20e siècles), Université Blaise Pascal, Clermont II : mspensky@gmail.com

20-21-22 October 2011 – EHIC International Conference – Université Blaise Pascal – Clermont-Ferrand (France)

EMPIRES and BIOPOLITICS

For Michel Foucault (1976) what historically characterized the power of the Sovereign, absolute power, was the absolute right s/he held over the life and death of his/her subjects. It was more of a right to administer death : “kill or let live”, which spanned from the Roman heritage of patria potesta (the right a father held over his slaves and children’s lives) to the Sovereign’s demand for male subjects to go to war. Today, however, the new function of sovereign power has become that of ‘life manager’. This power over life – or bio-power - has developed slowly since the 17th century principally in two overlapping forms : 1) disciplinary practices that represent the body as a machine to be rendered stronger and more productive ; and 2) the notion of ‘body species’ which appears in the middle of the 18th century where the body is considered as a site for biological processes : proliferation, birth, death, mortality, health, life expectancy etc. Disciplining bodies and regulating populations are the two parameters governing bio-power, a power which, according to Foucault, serves the purposes of Capitalism as it involves the « controlled insertion of bodies in the productive machine ». As Jana Sawicki notes in ‘Disciplining Foucault’ (1991), it has also served the purpose of masculine domination « supplying the necessary tools for inserting women in the reproductive machine ». The techniques of power function as factors of segregation and hierarchisation – into « race », class and gender.

Within this theoretical framework – taken as such or reworked – the conference will explore the role of empires in the setting up and transformation of bio-power – from 18th century slavery to present-day migrations, both in the metropolis and/or colonised spaces, whether it be put into place by the State or by other private or religious organisations.

For more information : Martine Spensky, Emeritus Professor of British and Gender Studies (19th and 20th centuries), Université Blaise Pascal, Clermont2 mspensky@gmail.com

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Programme du colloque